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La Politique, Ennemie de la Ville

by Archi Mag

Par Hédi Sfayhi, architecte

…Un 28 novembre 2012
L’euphorie du 14 janvier 2011, m’avait inspiré une série d’articles liés à notre métier.

Tous les architectes s’accordent à constater, la mort dans l’âme, le gouffre qui les sépare de la société. Pourtant le peuple tunisien est un peuple bâtisseur par excellence, le patrimoine légué par les civilisations qui ont marqué des millénaires, demeure vivant auprès de notre conscience collective à différents niveaux d’appréciation, qui varient d’un individu à un autre, suivant son niveau de culture. Il n’y a pas unanimité, surtout auprès des spécialistes… historiens, archéologues, narrateurs des lieux de culte, n’ont jamais réussi à forger une image de synthèse de notre identité.

Étudiant en sciences humaines, il y a une quarantaine d’années, architecte en fin de course, citoyen tunisien en fin de compte, j’ai la modeste impression que les aiguilles de la montre, se sont arrêtées depuis une bonne cinquantaine d’années.

Le pouvoir public nationaliste, fraîchement installé, a géré la question urbaine avec une euphorie forcément ignorante; les hésitations à propos du modèle de développement, que nous avons vécu dans les années 60 et 70, aidant, a généré une négligence cruelle de la dimension culturelle et civilisationnelle du développement.

Le débat sur la question urbaine, n’a pas franchî la muraille de l’université en pleine ébullition dans les années 70. Les idées porteuses ont été tuées dans l’oeuf, par la répression féroce des courants socialisants de l’époque. La tendance islamiste des années 80, également réprimée, à été très loin de poser la question.

La domination de la politique politicienne durant plus d’un demi siècle, a géré la question urbaine sous un angle excessivement socialisant pour l’habitat, et sous un angle de satisfaction de besoins pressants, en matière de bâtiments publics. Les organes publics créés d’une manière disparate, continuent jusqu’a ce jour à gérer l’espace urbain avec une ignorance désolante.

Le ministère chargé de l’aménagement urbain et de l’habitat, n’a jamais réussi à assurer la cohérence de l’urbain, souvent victime de conflits d’influence de responsables au service, encore une fois de la politique politicienne, transformée sous le dernier règne en date, à servir les vils intérêts d’une poignée de corrompus du régime.

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