Le minaret de la mosquée des teinturiers جامع الصباغين, dite aussi mosquée el jedid جامع الجديد, présente plusieurs pathologie, et présentent une menace pour les passants. L’intérieur qui représente un chef d’oeuvre de l’architecture du XVIIIème siècle, est aussi peu entretenu. Le minbar présente des fissures graves, et des colonnes d’origine ont été même peintes.




Le minaret présente de graves fissures, nécessitant une intervention pour le sauver, ainsi que le minbar, dont les colonnes situées à l’entrée des marches sont carrément cisaillés. La décoration en bas de ce minbar ont aussi subi plusieurs détériorations.
L’intérieur présente une céramique unique en Tunisie, et des éléments des chapiteaux aux croissants entrelacés.







Élevée par le fondateur de la dynastie husseinite, Hussein Ier Bey, à partir de 1723, elle est inaugurée en avril 1727. La mosquée comporte une petite cour de forme trapézoïdale précédant la salle de prière. Cette dernière, de plan rectangulaire, mesure 19,2 mètres sur 17,2. Elle est divisée en cinq nefs couvertes de voûtes en berceau ; une coupole s’élève à l’intersection de la nef centrale et de la travée longeant le mur de la qibla. Le minaret, de forme octogonale, est coiffé d’un lanternon pyramidal ; il est inspiré des minarets des mosquées Youssef Dey et Hammouda-Pacha. À la mosquée, le souverain a fait ajouter une médersa ainsi qu’un petit mausolée destiné à recevoir sa dépouille.

La mosquée des teinturiers est la mosquée turque hanéfite la moins connue de Tunis. Les autres mosquées, comme celle de Youssef Dey, de Hammouda Pacha ou encore de Saheb Ettabaa à Halfaouine sont beaucoup plus connues. Les ottomans avaient déjà construit deux mosquées à la Kasbah.
Elle fut fondé par Hussein Ben Ali Bey en 1726, fondateur de la dynastie husseinite de Tunis. Il est enterrée dans la tourba attenante à la mosquée, à Sidi Kacem Sbabti.







A propos de Hussein Ben Ali Bey :
Hussein Ier (arabe : حسين باي الأول), de son nom complet Hussein Ben Ali, né en 1675 au Kef et mort le 13 mai 1740 à Kairouan, est bey de Tunis de 1705 à 1735 et fondateur de la dynastie des Husseinites.
Hussein, né en 1675 au Kef dans le Nord-Ouest tunisien, est le fils d’Ali Turki, originaire de l’île de Crète et gouverneur militaire (agha) du Kef sous la dynastie des Mouradites, et de Lalla Hafsia Cherni, une tunisienne de souche issue de la tribu des Cherni installée autour du Kef, ce qui le rattache aux Kouloughlis.
Engagé dans les rangs de la milice turque de Tunis, il devient commandant de cavalerie (agha des spahis) puis trésorier (khaznadar) des derniers beys mouradites. Il participe au coup d’État d’Ibrahim Cherif qui vise à renverser le dernier bey mouradite en 1702. Mais à la suite des désordres qui suivent la prise de pouvoir d’Ibrahim Cherif et sa capture par le dey d’Alger lors de la bataille du Kef (8 juillet 1705), Hussein prend le contrôle de la milice turque. Proclamé bey le 12 juillet 1705[6], il prend ses fonctions le 15 juillet, instaurant ce qui deviendra la dynastie des Husseinites. Après l’exécution du dey Mohamed Khodja El Asfar, en janvier 1706, il fait élire l’un de ses proches comme dey de Tunis par le diwan, ce qui consacre sa popularité chez les janissaires. Hussein, en accédant au pouvoir sous le nom de Hussein Ier Bey, prend le soin de gouverner en s’appuyant aussi bien sur des éléments d’origine turque auxquels il doit son accession au pouvoir que sur des éléments tunisiens de souche auxquels il est également lié par ses origines maternelles. Mais son entourage immédiat est surtout composé de mamelouks, comme Ahmed Chelbi, kahia (officier ottoman de Tunis, lieutenant du pacha) de la mhalla (colonne armée qui assure l’ordre dans l’arrière pays), Rejeb Khaznadar, trésorier du bey, et Slimane Kahia El Kebir, kahia du Dar El Pacha, tous trois devenant des gendres du bey. Son homme de confiance et agent de liaison avec le royaume français est un esclave français, un certain Rennaud originaire de Toulon.
L’instauration de la dynastie des Husseinites marque un tournant en Tunisie, où l’influence de l’Empire ottoman commence à diminuer, cédant progressivement la place à un pouvoir national.
Il constate rapidement que la capitale donne le fâcheux exemple de l’« affaiblissement des règles religieuses et du relâchement des mœurs ». L’observance des traditions islamiques s’est, selon lui, dissipée en raison des éléments de toutes origines qui forment alors la population tunisoise. Il souhaite donc redonner à ces traditions une primauté dans la vie sociale et remembrer les divers éléments ethniques sous l’égide de l’islam. C’est cette situation que rapporte le chroniqueur Mohamed Seghir Ben Youssef quand il indique qu’il « remit en honneur les préceptes de la sunna illustre » et donne l’exemple de la piété la plus vive : sa foi est en effet ardente et il visite avec assiduité les pieux personnages en allant les trouver dans leurs demeures et leurs zaouïas. Il fait tourner sans cesse un chapelet entre ses doigts et répète à tout moment le nom de Dieu accompagné de prières pour le prophète.
Il fait d’ailleurs bâtir de nombreux édifices dédiés au culte et à l’enseignement : la mosquée des Teinturiers inaugurée le 6 avril 1727 et les médersas Ennakhla et Al Husseiniya Al Sughra à Tunis, la mosquée du Bardo, une mosquée près de la sépulture du saint Abou Saïd Khalaf Ibn Yahya el-Tamimi el-Béji à Sidi Bou Saïd ainsi que des médersas à l’intérieur du pays comme à Kairouan, Sousse, Sfax et Nefta.
Il fait également construire des fontaines publiques et de grandes citernes pour assurer l’approvisionnement en eau de la population[9]. Dans le domaine de l’urbanisme, il ordonne la réalisation de nombreux travaux dans la ville de Kairouan ainsi que la restauration de ses murailles, la cité ayant beaucoup souffert sous le règne du dernier souverain mouradite Mourad III Bey.
L’ordre et la sécurité règnent alors dans tout le royaume et l’on assure, suivant une image consacrée, qu’une jeune fille portant une couronne de diamants peut aller sans danger de Tunis à Tozeur. De fait, cette sécurité intérieure favorise la reprise des affaires et amène une prospérité que le pays n’a pas connu depuis longtemps en raison de la guerre civile à laquelle l’arrivée au pouvoir de Hussein Bey met fin.
On note pendant son règne l’apparition d’une véritable aristocratie parmi les Tunisiens de souche alors que, depuis la conquête ottomane, l’élite était surtout turque. Des familles féodales gravitent autour de lui et acquièrent des charges de fermiers-fiscaux, d’armateurs corsaires et de caïds dans plusieurs provinces, comme pour les familles Sebaï et Khayachi, caïds au Sahel et dans le cap Bon, Djerba et Sfax devenant l’apanage de familles à l’origine commerçante, comme les Ben Ayed et les Djellouli.




