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La démolition d’un immeuble à Béja fait polémique

by Archi Mag

Lundi 22 juin 2026, soit il y a trois jours, les résidents de Béja ont été témoins, sans pouvoir réagir, de l’effacement d’une partie de leur identité, dans une sorte de silence institutionnel aussi intriguant que troublant. Dans le centre de la ville, les machines ont commencé à démolir un bâtiment historique vieux de plus de cent ans. Un édifice d’époque, riche en histoire, longtemps perçu comme un point de repère architectural et un élément vibrant de l’histoire de l’urbanisme de cette région.

Cependant, l’état du bâtiment n’a rien d’une découverte récente. Depuis longtemps, des habitants, des membres d’associations et des acteurs locaux tirent la sonnette d’alarme concernant sa détérioration progressive. Au fil des ans, les demandes de réhabilitation, de renforcement ou d’une action de secours ont connu une augmentation importante. Cependant, ces signaux d’alerte n’ont pas reçu de réponse organisée. Aucun plan d’action durable n’a été initié par les propriétaires du bien, les collectivités locales ou les institutions nationales responsables de la préservation du patrimoine. Conclusion : Avec le passage du temps, la détérioration est devenue inévitable.

Cette décision est justifiée par des exigences de sécurité publique. L’immeuble, fortement dégradé depuis de nombreuses années, représentait un danger concret d’effondrement. Devant cette menace, les autorités ont pris une décision : la démolition était le seul moyen pour prévenir une tragédie humaine. Cependant, à part cette explication technique, se profile une réalité plus troublante : celle d’un abandon graduel s’étalant sur de nombreuses années, qui a transformé une question de conservation en situation d’urgence.

Ce cas démontre de façon quasi caricaturale les lacunes persistantes de la gestion du patrimoine en Tunisie. L’action de l’Institut national du patrimoine semble, dans ce cas comme dans d’autres, décalée par rapport à l’urgence des circonstances sur le terrain. En raison de la bureaucratie excessive, d’un manque de coordination et de ressources insuffisantes, les systèmes de sauvegarde du patrimoine peinent à prévoir les crises au lieu de les vivre passivement.

À Béja, cette inertie est aujourd’hui perçue comme une responsabilité collective. Car au-delà des institutions nationales, les autorités municipales et régionales sont elles aussi mises en cause. La gestion du patrimoine local souffre d’un éclatement des compétences et d’une absence de vision intégrée. Faute d’arbitrage clair et d’investissement durable, les bâtiments historiques finissent par se dégrader jusqu’au point de non-retour.

Ce schéma se répète dans plusieurs villes du pays : des immeubles anciens, souvent situés dans des zones stratégiques, se transforment progressivement en structures dangereuses, avant d’être finalement démolis au nom de la sécurité publique. Une logique paradoxale s’installe : faute d’entretien et de restauration préventive, le patrimoine devient un risque, et sa disparition finit par apparaître comme inévitable.

Le cas de cet édifice met également en lumière une défaillance plus profonde et plus systémique de l’action publique elle-même. L’État y apparaît moins comme un stratège capable d’anticipation que comme un gestionnaire contraint d’intervenir dans l’urgence, une fois les situations devenues irréversibles.

La disparition progressive de l’immeuble « Ennajma » ne relève donc pas seulement de l’échec d’une politique culturelle ou urbaine. Elle constitue le symptôme d’un dysfonctionnement plus large de la machine administrative, marqué par la fragmentation des responsabilités, la faiblesse de la coordination entre institutions et l’absence de continuité dans la prise de décision publique.

Dans cette logique où les bâtiments ne sont plus considérés comme des actifs culturels et économiques à préserver, mais comme des problèmes à gérer dans l’urgence, le coût est considérable : celui de la perte progressive d’une mémoire architecturale et historique irremplaçable. Chaque édifice démoli sans avoir été restauré témoigne à la fois d’une défaillance administrative et d’une forme de renoncement collectif. À force de laisser se dégrader les symboles urbains, c’est une part entière de l’identité des villes tunisiennes qui s’efface, sans véritable débat public sur les alternatives possibles.

Ce bâtiment a été inscrit en 2014, par le Ministre de l’Équipement dans un pré- inventaire des monuments à concerver afin de garantir la sauvegarde du patrimoine architectural du Nord-ouest , en tant que monument typique qui reflète l’architecture da la période coloniale,par sa façade richement décorée (Balcons, Corniches, Balustrades, Colonnes décoratives, Encadrements des baies et fenêtres, Acrotere, Habillage en carreaux de Faïence, Rampes en fer forgé), au lieu d’être fixé dans une stratégie de protection et de classement (prévue par l’ I.N.P depuis 1995), ce bâtiment qui date de l’année 1920, est déclaré par décision de la Commune de Béja une édifice en péril, difficile à rénover, « représentant un danger imminent et susceptible de s’effondrer, mettant en danger la sécurité et la vie des résidents et des passants »

كتب الدكتور زهير بن يوسف فقال
حول قرار هدم معلم معماري تاريخي:
اشهد يا زمن
كتب بتاريخ 21/11/2023
من يتحمل المسؤولية التقصيرية:
▪︎أصحاب ملكية العقار أم معهد التراث أم البلدية؟
أصحاب ملكية العقار بتلددهم في القيام بعمليات الترميم والتعهد والصيانة، وتضارب مصالحهم بين الصيانة والهدم؟
▪︎ البلدية بتقاعسها في جبرهم على القيام بالواجب المحمول عليهم في التعهد والإصلاح حفاظا على السلامة العامة، خاصة أن في أرشيفها الإداري نسخة رقمية من مشروع الباحث محمد بوترعة في ترتيب واجهة هذا المعلم منذ 1995 ؟
▪︎ معهد التراث الذي مضى اليوم على مشروعه في تسجيل هذا المعلم، وذلك في إطار مهمة رسمية كلف بها الباحث محمد بوترعة عام 1995، استضافته فيها، 28 عاما بالتمام والكمال دون أن يفي بتعهداته؟
▪︎بعد صدور قرار بلدي استعجالي، أحادي ومسقط، بإخلاء هذا المبنى التاريخي وهدمه!
وتأريم المكان،
دون إشعار للمعهد الوطني للتراث،
ولا استئناس براي مهندسي المعهد في الهياكل وخبرائه في الهياكل الإسمنتية؟
هل يُقضى في حق هذا المعلم بالإعدام، وهو قرار لو تمّ تنفيذه فسنندم عليه إلى الأبد، ولا سيما أمام  » نوم الغفلة »
الذي أصاب البلدية حتى تستفيق بمنتهى العجلة على قرار
مثل هذا
أم أن حلولا أخرى، على غرار
مبنى القباضة المالية،
ومبنى السنابل الذهبية،
قد تكون واردة،
وإن كانت بتكلفة أعلى، لتغيير البناية من الداخل مع المحافظة على واجهتها المعمارية والتاريخية ذات القيمة الجمالية العالية وتعهدها بالصيانة والترميم؟
صحيح أن الأرواح البشرية والسلامة العامة فوق كل اعتبار،
ولكن التشاركية في اتخاذ القرارات والاستئناس برأي خبراء معهد التراث،
كل ذلك من شأنه أن يجعل أي قرار مهما كان مؤلما ، على عكس ما هو عليه في واقع الحال،
أكثر مقبولية

Sources : Businessnews, Zouheir Ben Youssef

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