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Résidence artistique écologique à Ajim, Djerba

by Archi Mag

Une résidence artistique écologique, la première du genre au sein des maisons de la culture en Tunisie, est entrée en exploitation à la Maison de la culture de Djerba Ajim.

L’inauguration de cette résidence artistique a coïncidé avec le coup d’envoi de la sixième édition du Festival du Murex du théâtre pour enfants et jeunes, qui y accueille ses premières troupes théâtrales.

L’infrastructure se distingue par une architecture alliant le style traditionnel de l’île de Djerba à la modernité, intégrant des éléments de la calligraphie arabe et respectant des normes de construction écologiques.

La création de cette résidence s’inscrit dans le cadre du projet « Fael et Faela (Acteurs et Actrices) – Jeunesse et participation des jeunes aux politiques publiques en Tunisie ». Ce programme est mis en œuvre par le Centre international de développement pour la gouvernance locale innovante (CILG-VNG International) en partenariat avec le ministère de la Jeunesse et des Sports, moyennant un financement de l’Union européenne et un soutien des Pays-Bas.

Neila Akrimi, directrice du CILG, a souligné que ce projet émane directement des consultations locales menées auprès des jeunes de la municipalité de Djerba-Ajim afin de répondre à leurs attentes en matière d’animation culturelle. Elle a précisé que ce lieu se veut un espace de création, de formation, d’échange culturel, de promotion de l’égalité des genres et de développement durable.

Sur le plan technique, l’espace s’ajoute aux infrastructures existantes (salles de spectacles et d’expositions), créant un complexe culturel intégré visant à libérer le potentiel créatif des artistes locaux et régionaux, a indiqué Aymen Ben Youssef, sous-directeur de la gestion des maisons de la culture à la Direction générale de l’action culturelle.

De son côté, Tarek Mehdhaoui, délégué régional des Affaires culturelles à Médenine, a précisé que la Résidence offre une capacité d’accueil initiale de 10 lits, avec une possibilité d’extension lors de phases ultérieures, et intègre des aménagements spécifiques (rampes d’accès et chambre dédiée) pour les personnes à mobilité réduite. Il a également rappelé que le gouvernorat de Médenine a bénéficié de deux projets dans le cadre du programme « Fael et Faela », à savoir cette résidence à Ajim et le théâtre de plein air de Ben Guerdane.

la Maison de la culture de Djerba-Ajim a inauguré une résidence artistique écologique, la première du genre au sein des maisons de la culture en Tunisie. Un bâtiment conçu dans le respect des normes écologiques, ancré dans l’architecture traditionnelle de l’île, avec une capacité d’accueil initiale de dix artistes. Ce n’est pas un détail. C’est un signal.

Ajim, point de départ

Ajim n’est pas le lieu le plus évident pour une première nationale. Ce n’est pas Tunis, ni Hammamet, ni même Houmt Souk. C’est le port de pêche au sud de Djerba, celui d’où part le bac vers Jorf, celui dont les quais ont accueilli il y a moins d’un mois le premier bateau de pêche solaire de Méditerranée. Un village de pêcheurs qui, en l’espace de quelques semaines, est devenu deux fois un territoire pionnier.

Ce n’est pas non plus une coïncidence. Neila Akrimi, directrice du Centre international CILG qui a porté le projet, l’a dit clairement : la résidence est née des consultations menées directement auprès des jeunes de la municipalité de Djerba-Ajim. Ils ont dit ce qu’ils voulaient en matière d’animation culturelle. Et l’infrastructure a répondu.

La résidence s’intègre aux infrastructures existantes de la Maison de la culture, salles de spectacles et d’expositions, pour former un complexe culturel intégré. L’objectif, selon Aymen Ben Youssef, sous-directeur de la gestion des maisons de la culture, est de libérer le potentiel créatif des artistes locaux et régionaux. Tarek Mehdhaoui, délégué régional des Affaires culturelles à Médenine, a précisé que la résidence a une vocation large : égalité des genres, développement durable, création artistique.

Une résidence artistique écologique

La notion de résidence artistique écologique est relativement récente dans le monde culturel. Elle croise deux logiques habituellement séparées : l’exigence de la création artistique, qui a besoin de temps, de silence et d’espace, et l’impératif écologique, qui impose de repenser les modes de production, de construction et de vie.

En France, le ministère de la Culture a lancé en 2023 un dispositif appelé Résidences vertes, qui accompagne des artistes souhaitant réorienter leur pratique vers des modes de création plus durables. Dix-huit projets ont été incu-bés en 2026. L’écosystème international des résidences artistiques écologiques est en expansion : il s’agit de lieux qui intègrent l’architecture durable, l’ancrage territorial et les pratiques artistiques dans un même projet de vie.

Ce que Djerba-Ajim a fait, c’est transposer ce modèle dans le contexte tunisien, avec ses propres matériaux, sa propre esthétique et ses propres priorités : architecture vernaculaire djerbienne, calligraphie arabe, réponse aux besoins des jeunes du territoire. Ce n’est pas un copier-coller d’un modèle européen. C’est une adaptation locale, ce qui est précisément ce qui la rend intéressante.

Un signal pour la culture tunisienne

Les maisons de la culture en Tunisie ont longtemps souffert d’une image de lieux sous-financés, sous-fréquentés et déconnectés des réalités des territoires où elles sont implantées. La résidence d’Ajim rompt avec cette image sur plusieurs points à la fois : elle part des besoins exprimés par les jeunes locaux, elle intègre une dimension écologique dans sa conception même, et elle s’ouvre à des artistes régionaux dans une logique de décentralisation culturelle.

La Tunisie débat depuis des années de la nécessité de refonder sa gouvernance culturelle. Un article de Le Temps publié le 20 juillet 2026 posait la question directement : la culture, enjeu de souveraineté. Ce qui se passe à Ajim cette semaine n’est pas étranger à cette réflexion. Un espace qui intègre à la fois création, formation, égalité des genres et développement durable dans un village de pêcheurs, c’est une réponse concrète à une question théorique.

Une nouvelle culture tunisienne

Une résidence de dix lits dans une maison de la culture, aussi bien conçue soit-elle, reste fragile si elle n’est pas accompagnée d’un programme artistique solide, de financements pérennes et d’une mise en réseau avec d’autres lieux de création en Tunisie et dans la région méditerranéenne. Les questions qui restent ouvertes : quels artistes accueillera-t-elle en priorité ? Selon quels critères de sélection ? Avec quels financements de long terme ? Et comment les créations nées de cette résidence circuleront-elles ensuite ?

Ce sont les questions que toute première pose. L’inauguration d’Ajim est un commencement, pas une réponse. Mais dans un paysage culturel tunisien où les premières de ce type sont rares, même un commencement mérite d’être noté.

Djerba, miroir de la Tunisie de demain

En l’espace d’un mois, Ajim a accueilli le premier bateau de pêche solaire de Méditerranée et la première résidence artistique écologique des maisons de la culture tunisiennes. Deux événements, deux secteurs différents, une même logique : à Ajim, on ne se contente pas de regarder le large. On expérimente.

La question n’est pas de savoir si Djerba mérite sa réputation. Elle l’a. La question est de savoir si ce qui se construit ici à petite échelle peut inspirer d’autres territoires tunisiens qui attendent encore leur première.

La résidence en chiffres et en détails

Capacité d’accueil initiale : 10 lits, avec possibilité d’extension
Architecture : style traditionnel djerbien et modernité, éléments de calligraphie arabe intégrés
Construction : normes écologiques, première infrastructure de ce type en maison de culture
Portée : artistes locaux et régionaux, espace de création, formation et échange culturel
Inauguration : 22 juillet 2026, coïncide avec le Festival du Murex, théâtre pour enfants

Sources : TAP, African Manager, Le Temps News, L’instant M.

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