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	<title>Archives des Méditerranée - ArchiMag</title>
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	<description>Architecture Magazine</description>
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		<title>Prix d&#8217;architecture méditerranéenne UMAR 2026</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Archi Mag]]></dc:creator>
		<pubDate>Thu, 16 Jul 2026 05:00:00 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Annonces]]></category>
		<category><![CDATA[Avis de concours]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’architecture a toujours été l’une des langues communes de la Méditerranée. À travers des&#8230;</p>
<p>L’article <a href="http://archimag.tn/2026/07/16/prix-darchitecture-mediterraneenne-umar-2026/">Prix d&rsquo;architecture méditerranéenne UMAR 2026</a> est apparu en premier sur <a href="http://archimag.tn">ArchiMag</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L’architecture a toujours été l’une des langues communes de la Méditerranée. À travers des territoires façonnés par les migrations, le climat, la mémoire, la coexistence et la transformation, l&rsquo;architecture continue de définir la manière dont les communautés habitent le monde ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À une époque marquée par des défis environnementaux, sociaux et géopolitiques, le Prix d&rsquo;Architecture UMAR cherche à favoriser le dialogue à travers l&rsquo;architecture. Le prix récompense les projets qui contribuent à un environnement méditerranéen plus inclusif, résilient et culturellement conscient.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plutôt que de proposer une identité architecturale unique, le prix vise à refléter la diversité, la complexité et la richesse des cultures et des modes de vie méditerranéens.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>À propos d&rsquo;UMAR</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Fondée en 1994 par la Déclaration de Rabat et officiellement constituée en Crète plus tard la même année, l&rsquo;Union des Architectes de la Méditerranée (UMAR) regroupe les institutions nationales d&rsquo;architecture de la plupart des pays méditerranéens partageant un horizon culturel commun.</p>



<p class="wp-block-paragraph">UMAR promeut l&rsquo;architecture comme plateforme d&rsquo;échange culturel, de coopération et de responsabilité collective au sein du bassin méditerranéen.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le Prix</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Prix d&rsquo;Architecture UMAR est une distinction internationale biennale reconnaissant les œuvres architecturales contemporaines qui génèrent un impact social, culturel et environnemental positif dans le contexte méditerranéen. Chaque édition vise à récompenser l&rsquo;excellence architecturale tout en encourageant des approches socialement engagées, respectueuses de l&rsquo;environnement et ancrées dans le territoire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parmi les inscrits, le Jury pourra sélectionner les trois meilleurs projets mis en œuvre dans le bassin méditerranéen.</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le premier prix sera décerné le “ Prix d’Architecture Méditerranéenne ”.</li>



<li>Les deuxième et troisième prix recevront une reconnaissance officielle et une plaque commémorative.</li>



<li>Le jury peut également attribuer jusqu&rsquo;à deux mentions aux auteurs de projets présentant des mérites particuliers.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Les lauréats du premier prix seront invités par l&rsquo;UMAR à présenter leurs travaux lors de la cérémonie de remise des prix organisée à Istanbul par l&rsquo;Ordre des architectes de Turquie, les 25 et 26 septembre 2026.</p>



<figure class="wp-block-image size-large"><img fetchpriority="high" decoding="async" width="768" height="1024" src="https://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/umar-2-768x1024.jpg" alt="" class="wp-image-6064" srcset="http://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/umar-2-768x1024.jpg 768w, http://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/umar-2-225x300.jpg 225w, http://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/umar-2-585x780.jpg 585w, http://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/umar-2.jpg 1086w" sizes="(max-width: 768px) 100vw, 768px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le thème</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>“ Vivre la Culture Méditerranéenne ” – <em>Bâtiments Résidentiels</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un climat mondial souvent marqué par l&rsquo;instabilité, ce prix sert de plateforme pour le dialogue interculturel et l&rsquo;échange de meilleures pratiques qui serviront d&rsquo;exemple à tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette première édition se concentre sur architecture résidentielle comme expression fondamentale de la vie et de la communauté méditerranéennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les projets doivent démontrer :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Responsabilité environnementale</li>



<li>Sensibilité à l&rsquo;adaptation climatique</li>



<li>Utilisation prudente des ressources en eau et en énergie</li>



<li>Intégration dans les contextes urbains et culturels</li>



<li>Espaces publics et collectifs inclusifs</li>



<li>Sensibilisation au patrimoine et à l&rsquo;identité locaux</li>



<li>Approches responsables pour la reconstruction et les territoires fragiles</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph">Le jury valorisera non seulement l&rsquo;excellence architecturale, mais aussi la capacité des projets à générer un impact social et environnemental significatif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Éligibilité</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">La participation est gratuite.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>La compétition est ouverte à :</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Architectes individuels<br>Pratiques architecturales<br>Équipes multidisciplinaires<br>Pour les propositions d&rsquo;équipe, au moins un représentant doit être un architecte qualifié, inscrit dans l&rsquo;une des sections membres de l&rsquo;UMAR.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Les projets admissibles doivent :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Être situé dans la zone culturelle méditerranéenne</li>



<li>Appartenir à la typologie résidentielle</li>



<li>ont été achevés au cours des cinq dernières années</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Critères d&rsquo;évaluation</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les projets seront évalués selon :</p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Qualité architecturale</li>



<li>Responsabilité environnementale</li>



<li>Intégration culturelle</li>



<li>Impact social</li>



<li>Innovation</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Formulaire d&rsquo;inscription et documents requis</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les candidats sont tenus de s&rsquo;inscrire et de soumettre le formulaire d&rsquo;inscription ainsi que leur projet de la manière suivante.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Formulaire d&rsquo;inscription : Vous pouvez télécharger la version française ici &gt;&gt; https://umar-med-architecture-award.org/wp-content/uploads/2026/06/PRIX-UMAR-Formulaire-dinscription.pdf</p>



<p class="wp-block-paragraph">Matériel requis : Un panneau unique A1 (594 x 841 millimètres), en orientation horizontale, contenu dans un fichier PDF unique d&rsquo;une taille maximale de 20 Mo, avec une résolution de 300 dpi afin de permettre toute publication ultérieure.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le panneau doit contenir, au minimum :</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>le code alphanumérique indiqué dans le formulaire d&rsquo;inscription</li>



<li>une brève description du projet</li>



<li>une ou plusieurs images photographiques du bâtiment résidentiel, une fois réalisé</li>



<li>tout autre dessin, photographie ou matériel graphique illustrant des aspects du bâtiment.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment postuler</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Informations générales : https://umar-med-architecture-award.org/wp-content/uploads/2026/06/PRIX-UMAR-Formulaire-dinscription.pdf</p>



<p class="wp-block-paragraph">Formulaire d&rsquo;inscription : Vous pouvez télécharger la version française ici &gt;&gt; Ce formulaire doit être dûment rempli par l&rsquo;architecte. Dans la section correspondante, le signataire doit générer un code alphanumérique qui constituera le seul identifiant visible sur le panneau DIN A1. Vous pouvez le télécharger ici</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paneau DIN A1: (594 x 841 millimètres), en format portrait et contenant toutes les informations requises, enregistrée dans un fichier PDF d&rsquo;une taille maximale de 20 Mo, avec une résolution de 300 dpi, afin de permettre toute publication. Le code alphanumérique devra être visible dans le coin supérieur droit.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le formulaire d&rsquo;inscription et le fichier PDF contenant le tableau A1 doivent être envoyés à l&rsquo;organisme chargé du prix par e-mail à l&rsquo;adresse suivante :</p>



<p class="wp-block-paragraph">2026.med.award@umar.org</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un délai maximum de 24 heures, un e-mail de confirmation sera envoyé à l&rsquo;architecte qui a signé le formulaire d&rsquo;inscription.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Demande de clarification</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les participants peuvent poser toutes leurs questions concernant l&rsquo;appel d&rsquo;offres pendant la période réservée aux clarifications. Toutes les questions doivent être envoyées par courrier à l&rsquo;adresse suivante :</p>



<p class="wp-block-paragraph">assistance.award@umar.org</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les réponses seront publiées sur le site officiel dans les 48 heures et seront accessibles à tous.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Calendrier</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>15 Juin, 2026Publication de l&rsquo;appel et ouverture de la soumission des questions</li>



<li>15 juillet 2026 :Date limite pour les demandes de clarification</li>



<li>15 août 2026 :Date limite d&rsquo;inscription et de soumission</li>



<li>10 septembre 2026 :Clôture des délibérations du jury</li>



<li>25-26 septembre 2026 :Cérémonie de Remise des Prix — Istanbul, Turquie</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Le jury</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Mara Partida — Espagne: Architecte et co-fondateur de Mendoza Partida, un cabinet d&rsquo;architecture international basé à Barcelone, spécialisé dans l&rsquo;architecture culturelle et résidentielle.</li>



<li>Ida Origgi — Italie : Architecte et urbaniste reconnu pour sa pratique architecturale socialement engagée et sa régénération urbaine axée sur la communauté.</li>



<li>Sandra Frem — Liban : Co-fondateur de platau, une plateforme interdisciplinaire travaillant à l&rsquo;intersection de l&rsquo;architecture, de l&rsquo;urbanisme et de la recherche au Moyen-Orient.</li>



<li>Mohamed Amine Siana — Maroc : Architecte et promoteur culturel impliqué dans de multiples initiatives architecturales internationales et plateformes de prix.</li>



<li>Deniz Dokgöz — Turquie : Architecte, universitaire et cofondateur d&rsquo;İkiartıbir Mimarlık, lauréat de nombreux prix nationaux d&rsquo;architecture.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Jurés suppléants</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Germin Farouk Hafez El-Gohary — Égypte. Architecte, universitaire et spécialiste en conception architecturale et urbaine, actuellement associé à l&rsquo;Université Ain Shams.</li>



<li>Dimitris Xynomilakis — Grèce. Architecte et représentant de longue date de l&rsquo;Association des architectes de Grèce au sein de l&rsquo;ACE-CAE et de l&rsquo;UMAR.</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Rapporteurs</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Alessandra Ferrari — Italie</li>



<li>Ibrahim Hindi &#8211; Palestine</li>



<li>Selin Oktan — Turquie</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Conseillers</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Amir Turki — Président, Tunisie</li>



<li>Fabian Llisterri — Secrétaire général, Espagne</li>



<li>Lilia Cannarella — Trésorier, Italie</li>
</ul>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Exposition et publication</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Les matériaux soumis peuvent être utilisés par UMAR pour des conférences, des expositions et des publications liées au Prix.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les projets sélectionnés pourront également être publiés sur le site web de l&rsquo;UMAR et promus par le biais des sections membres de l&rsquo;UMAR et des plateformes culturelles associées.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>FAQ et Précisions utiles</strong></p>



<ul class="wp-block-list">
<li>Le panneau DIN A1 à soumettre doit être de format vertical, c&rsquo;est-à-dire de 841 mm de hauteur et 594 mm de largeur. Les inscriptions sur les panneaux doivent être en anglais.</li>



<li>Il n&rsquo;existe pas de gabarit prédéfini pour le panneau DIN A1.</li>



<li>Les participants sont libres d&rsquo;organiser la mise en page et la composition graphique du panneau en fonction de la stratégie de communication qu&rsquo;ils choisissent pour leurs projets respectifs, à condition que toutes les exigences spécifiées dans l&rsquo;appel à candidatures soient respectées.</li>



<li>Les bâtiments résidentiels doivent être entièrement achevés avant d&rsquo;être présentés au Prix. S&rsquo;ils ne sont pas encore achevés, ils ne peuvent pas être présentés pour cette édition ; toutefois, ce Prix étant biennal, ils pourront participer à la prochaine édition en 2028.</li>



<li>Chaque participant ne peut soumettre qu&rsquo;un seul projet.</li>
</ul>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><strong>www.umar.org</strong></p>



<p class="has-text-align-center wp-block-paragraph"><em>Le Centre Professionnel<br>127, Triq-tas-Sliema, Il-Gżira<br>GZR 1633, Malte</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Vous voulez publier un projet d&rsquo;architecture où écrire une réflexion architecturale ? Contactez nous par mail : archimag22@gmail.com</em></p>
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		<item>
		<title>Expo : Méditerranée, mer d&#8217;héritages</title>
		<link>http://archimag.tn/2026/07/05/expo-mediterranee-mer-dheritages/</link>
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		<dc:creator><![CDATA[Archi Mag]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 05 Jul 2026 05:41:00 +0000</pubDate>
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					<description><![CDATA[<p>Une exposition intitulée « La Méditerranée, une mer d&#8217;héritages » est organisée à Tunis&#8230;</p>
<p>L’article <a href="http://archimag.tn/2026/07/05/expo-mediterranee-mer-dheritages/">Expo : Méditerranée, mer d&rsquo;héritages</a> est apparu en premier sur <a href="http://archimag.tn">ArchiMag</a>.</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Une exposition intitulée « La Méditerranée, une mer d&rsquo;héritages » est organisée à Tunis du 23 juin au 12 juillet 2026, a annoncé l&rsquo;ambassade d&rsquo;Espagne en Tunisie. Cette exposition est une initiative conjointe de l&rsquo;ambassade d&rsquo;Espagne en Tunisie, de l&rsquo;Institut européen de la Méditerranée (IEMed) et de l&rsquo;Organisation arabe pour l&rsquo;éducation, la culture et les sciences (ALECSO).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette exposition se tient à la salle de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (Alecso), à l’Avenue Mohamed Ali Akid, Centre Urbain Nord, Tunis. Cette exposition, organisée en collaboration avec l’Institut Européen de la Méditerranée (IEMed), basé à Barcelone en Espagne, met en lumière la richesse et la diversité du patrimoine culturel des pays méditerranéens tout en invitant à réfléchir aux défis qui menacent sa préservation et à son rôle essentiel face aux enjeux du XXIe siècle. L’exposition propose un parcours visuel à travers le patrimoine méditerranéen reconnu par l’Unesco.</p>



<figure class="wp-block-image size-full"><img decoding="async" width="800" height="643" src="https://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/mer-heritage-1.jpg" alt="" class="wp-image-6019" srcset="http://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/mer-heritage-1.jpg 800w, http://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/mer-heritage-1-300x241.jpg 300w, http://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/mer-heritage-1-768x617.jpg 768w, http://archimag.tn/wp-content/uploads/2026/07/mer-heritage-1-585x470.jpg 585w" sizes="(max-width: 800px) 100vw, 800px" /></figure>



<p class="wp-block-paragraph">Dans ce contexte, on reprends ici un texte par <strong>Paul Balta : « <em>La méditerranée, une mer de paradoxes</em>« </strong>, publié à IEMed</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès l’Antiquité, la Méditerranée n’a cessé d’être une mer de paradoxes. Ses riverains en ont fait le principal berceau de la gastronomie et de l’art de vivre, car ils avaient l’art d’adapter ce qu’ils adoptent. C’est aussi le berceau des trois religions monothéistes révélées, ce qui a provoqué beaucoup de guerres et malentendus mais n’a pas empêché les échanges entre les différents peuples des deux rives. Ainsi, la Méditerranée est devenue la mer de tous les métissages, humains et culturels, car elle a trois héritages fondamentaux : gréco-romain, judéo-chrétien et arabo-musulman. Aujourd’hui, les tentatives de rapprochement, en dépit des nombreux conflits qui se donnent dans la zone, sont toujours en quête de la paix, la stabilité et la sécurité des peuples méditerranéens.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, des origines à nos jours, la Méditerranée n’a cessé d’être précisément une mer de paradoxes. Une phrase de Fernand Braudel, ce Lorrain devenu un grand « méditerranéiste », me servira d’introduction : « La Méditerranée, c’est mille choses à la fois. Non pas un paysage, mais d’innombrables paysages. Non pas une mer, mais une succession de mers. Non pas une civilisation, mais plusieurs civilisations superposées. La Méditerranée est un carrefour antique. Depuis des millénaires, tout conflue vers cette mer, bouleversant et enrichissant son histoire ».</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Berceau de la gastronomie et de l’art de vivre<br></em></strong>Je commencerai par la géographie, la nature et la nourriture qui sont au centre de la vie quotidienne depuis les origines. Notre « mer-mère » est apparue à l’ère tertiaire, il y a 43 millions d’années, à la suite d’une collision des plaques de l’Asie, de l’Afrique et de l’Europe. Elle était très pauvre à l’origine. Sur le plan agricole, les principales plantes autochtones étaient le figuier, l’olivier et la vigne. Premier paradoxe : dès l’Antiquité, ses riverains en ont fait le principal berceau de la gastronomie et de l’art de vivre car ils avaient l’art d’adapter ce qu’ils adoptent. La dette de la Méditerranée à l’égard de l’Orient est considérable. Ainsi, par étapes successives, le riz est venu de Chine, le blé du Kurdistan, les lentilles de Mésopotamie, comme en témoigne la Bible en racontant comment Ésaü, fatigué et affamé, céda son droit d’aînesse à Jacob, pour un plat de lentilles (Genèse, III, 25).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nombre de fruits qui nous sont familiers sont nés en Chine, en Inde ou d’autres pays d’extrême Asie, puis ont été acclimatés en Perse. Ils ne nous sont parvenus que beaucoup plus tard, mais qui songe aujourd’hui, en longeant la Costa del azahar et la huerta de Valence en Espagne, que melons, pastèques, prunes, pêches, n’y ont fait leur apparition qu’avec l’arrivée des Arabes au viie siècle ? Il en est de même pour les oranges dont le nom vient de l’arabe narinj ou naring. Autre paradoxe, les Arabes nomades, convertis à l’islam, se sont sédentarisés et ont contribué à modifier le paysage de la Méditerranée occidentale. En effet, après avoir découvert les Jardins suspendus de Babylone, une des Sept merveilles du monde, ils ont introduit la culture en terrasse et des systèmes d’irrigation toujours en usage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Berceau des trois religions monothéistes révélées<br></em></strong>Très présents dans les livres profanes, le boire et le manger le sont également dans les livres sacrés, Bible, Évangiles et Coran. C’est logique car la Méditerranée est aussi le berceau des trois religions monothéistes révélées, judaïsme, christianisme, islam. Certes, l’islam a vu le jour en Arabie, mais Mahomet qui conduisait des caravanes a découvert le christianisme surtout en Syrie. C’est aussi à partir de ce pays que l’islam s’est répandu en Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les relations entre les monothéismes comportent bien des paradoxes. Ainsi, même si les « grands prêtres » juifs du Temple ont accusé Jésus de blasphème, c’est Ponce Pilate, gouverneur romain de Judée, qui a donné l’ordre à ses soldats de le crucifier. Néanmoins, les Pères de l’Église ont accusé tout le peuple juif et l’ont qualifié de déicide.La tradition perdure, contribuant à alimenter l’antisémitisme.Il faudra attendre le Concile Vatican ii ( 1962-1965 ) pour y mettre un terme. Premier pape à se rendre dans une synagogue et à y prier, à Rome, le 13 avril 1986, Jean-Paul II avait déclaré : « L’antisémitisme est sans justification aucune et absolument condamnable ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxe aussi au sein du christianisme. C’est une religion d’amour et pourtant, au cours des premiers siècles, les chrétiens s’entre-déchirent et se divisent en raison de plusieurs hérésies. Citons notamment l’arianisme, du nom du prêtre Arius d’Alexandrie qui avait contesté, vers 320, la Trinité (Père, Fils et saint Esprit) et nié la nature divine du Christ.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les relations entre les monothéismes comportent bien des paradoxes. Ainsi, même si les « grands prêtres » juifs du Temple ont accusé Jésus de blasphème, c’est Ponce Pilate, gouverneur romain de Judée, qui a donné l’ordre à ses soldats de le crucifier</p>



<p class="wp-block-paragraph">En outre, Rome va prendre de l’ascendant au fil des siècles. La rupture avec les Églises d’Orient sera consommée lors du grand schisme de 1054, quand le pape Léon ix et le patriarche Keroularios de Constantinople s’excommunient mutuellement. Confrontés à l’Occident catholique sous l’autorité du Saint-Siège, les Orientaux se regroupent selon leurs ethnies et chacune choisit son patriarche. Là aussi, il faudra attendre Vatican II pour amorcer la réconciliation. Le concile prône le dialogue avec les orthodoxes pour favoriser l’unité des chrétiens. Les résultats sont réconfortants : l’Église russe est la seule à refuser, pour le moment, la main tendue.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxe enfin entre chrétienté et islam. Dans l’imaginaire chrétien, l’islam s’est imposé par la guerre. Pourtant, comme l’attestent de grands historiens, dont André Miquel, la conquête ne se fit pas seulement par les armes. Beaucoup de chrétiens, troublés et affaiblis par les querelles byzantines et les schismes, ont été séduits par le message de l’islam, simple et clair. Il est résumé par la profession de foi qui, prononcée trois fois, est aussi la formule de conversion : « Il n’y a de Dieu que Dieu et Mahomet est l’Envoyé de Dieu ». Même si quelques califes ont été intolérants, il faut bien admettre que pendant des siècles, grâce au système de protection de la dhimma, mieux valait être juifs et chrétiens en terre d’Islam que juifs et musulmans en terre chrétienne. La situation s’inversera au milieu du xxe siècle avec la montée de l’islamisme.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les guerres de religions n’ont pas empêché les échanges ! Au gré des expéditions, les croisés ont découvert un univers dont ils n’avaient pas idée ainsi que l’art de vivre des Orientaux : hygiène, confort et bonne nourriture</p>



<p class="wp-block-paragraph">On ne peut ignorer non plus les huit croisades de 1096 à 1270, menées principalement pour délivrer Jérusalem occupée en 638 par les musulmans. Elles ont marqué les esprits sur les deux rives, surtout au Sud, jusqu’à nos jours. Les manuels scolaires des pays arabes les dénoncent et ils qualifient de « nouvelle croisade » la colonisation au xixe siècle. Le mouvement Al Qaida (« la Base ») d’Oussama Ben Laden, auteur d’attentats, dont ceux du 11 septembre 2001, traite les Occidentaux de « croisés ». Pourtant, dans ce domaine aussi, Vatican II a joué un rôle fondamental en prônant le dialogue islamo-chrétien. En mai 2001, Jean-Paul II a été également le premier pape à se rendre dans une mosquée, celle des Omeyyades à Damas, et à y prier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À ce propos, impossible de ne pas évoquer les remous provoqués par le cours de Benoît XVI à l’université de Ratisbonne, le 12 septembre 2001. Certes, le pape a commis un impair concernant l’islam et la violence, mais il a exprimé ses regrets. Néanmoins le passage incriminé ne tient qu’une petite place dans l’ensemble de son intervention que ceux qui l’ont le plus violemment critiquée n’ont manifestement pas lue. Or, il explique, je cite, « Comment nous deviendrons capables d’un vrai dialogue entre les cultures et les religions ‒ un dialogue dont nous avons un urgent besoin ». Triste paradoxe : ce sont les chrétiens d’Orient qui pâtissent le plus de ce malentendu.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, les guerres de religions n’ont pas empêché les échanges ! Au gré des expéditions, les croisés ont découvert un univers dont ils n’avaient pas idée ainsi que l’art de vivre des Orientaux : hygiène, confort et bonne nourriture. Ils y ont tellement pris goût que nombre d’entre eux se sont installés en Orient et ont adopté les coutumes locales. Les autres ont rapporté un butin qui est loin d’être négligeable. Qu’on en juge, la liste n’étant pas exhaustive : le divan, le sofa, le matelas, des tissus tels le satin et la mousseline ; des espèces potagères comme l’aubergine, l’asperge, le cornichon, l’échalote ; des fruits enchanteurs comme l’abricot et la banane qui ne sera appréciée des Européens qu’à partir du xixe siècle. Lors du siège d’Antioche (1098), ils mâchaient du « roseau miellé », en fait, de la canne à sucre, puis ils découvrent le sucre candi (sukkar qandi) et les confiseries dont les bonbons, les dragées et le nougat. Je pose une question : combien de gourmands le savent ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Autre paradoxe : depuis qu’elle existe et malgré les guerres, la Méditerranée est la mer de tous les métissages, humains et culturels. Ainsi, la civilisation européenne est-elle fondée sur un triple héritage : gréco-romain (influencé par l’Égypte, la Phénicie et l’Orient), judéo-chrétien et, on a une fâcheuse tendance à l’oublier, arabo-musulman. C’est là un premier miracle. Le second : par-delà les mélanges, chacun des peuples riverains parvient à préserver son identité. Une identité qui, au fil des siècles, n’est plus tout à fait la même ni tout à fait une autre. Après tout, l’Italien du Quattrocento n’est pas celui de l’Antiquité ou du Moyen Âge, et l’actuel ne se confond ni avec ses ancêtres ni avec les autres riverains qui sont dans une situation analogue.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les apports scientifiques<br></em></strong>Une réalité historique fondamentale est paradoxalement ignorée par la plupart des Arabes contemporains et trop souvent occultée par les Européens : du viiie au xiiie siècle et même jusqu’au xve, la civilisation arabo-musulmane a été à la pointe de la modernité. S’il y a eu un « miracle grec » dans l’Antiquité, il y a eu aussi, je le dis avec force, un « miracle arabe » au Haut Moyen Âge : celui des savants et des penseurs qui, bien que Persans, tel Avicenne, Juifs tel Maïmonide, Andalous tel Averroès, ont choisi de rédiger leurs travaux dans cette langue. Ils ont exploré tous les domaines du savoir : astronomie, mathématiques, physique, chimie, médecine, botanique, philosophie, géographie, architecture, histoire. À titre d’exemple, l’algèbre a été inventé par l’Arabe Khawarizmi (780-850) et le premier hôpital a vu le jour à Bagdad au ixe siècle. Sans tous ces apports, la Renaissance européenne n’aurait pas été ce qu’elle fut ou elle aurait été plus tardive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Europe a pris l’ascendant alors que le déclin arabe avait déjà commencé. Il se poursuivra jusqu’à la Nahda (Renaissance) au xixe siècle. Elle a vu le jour à la suite de l’expédition de Bonaparte (1798-1801) accompagné de 167 savants qui ont joué un rôle déterminant. La Nahda commence sous Mohamed-Ali (1805-1848), fondateur de l’Égypte moderne, se poursuit sous ses successeurs, mais aura du mal à survivre à la colonisation britannique à partir de 1882. Il faut cependant citer quelques grands témoins comme Naguib Mahfouz (1911-2006) seul écrivain arabe à avoir obtenu le Prix Nobel de littérature, prix qu’aurait mérité aussi Taha Hussein (1889-1973). Citons également Hoda Chaarawi, la première à avoir, au début du xxe, siècle, arraché le voile avec des milliers de femmes sur une place publique et osé revendiquer les droits de la femme dans la société patriarcale égyptienne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ces rapports nous permettent de constater que les pays arabes ont connu des progrès au cours des dernières décennies. En 2010, par exemple, la moitié des dix pays ayant le plus progressé au monde étaient arabes (Maroc, Algérie, Tunisie, Arabie Saoudite et Oman</p>



<p class="wp-block-paragraph">À partir du xve siècle, l’Europe a pris l’ascendant en Méditerranée et son apport a été considérable dans de nombreux domaines, dès la Renaissance au xvie siècle, puis notamment avec la Déclaration des droits de l’Homme et du citoyen en 1789, la révolution industrielle, les découvertes technologiques et scientifiques au xixe et au xxe siècle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le PNUD, Programme des Nations unies pour le Développement, élabore depuis 2002 les Arab Human Development Reports (AHDRs). Ces rapports nous permettent de constater que les pays arabes ont connu des progrès au cours des dernières décennies. En 2010, par exemple, la moitié des dix pays ayant le plus progressé au monde étaient arabes (Maroc, Algérie, Tunisie, Arabie Saoudite et Oman). Les taux de scolarisation sont passés de 78,8 % en 1999 à 88,4 % en 2012, très proches des 89,1 % de la moyenne mondiale. On enregistre également des progrès dans l’éducation supérieure, où le nombre d’inscrits a augmenté de 200 % entre 1970 et 2003. Toutefois le taux d’inscription au niveau universitaire n’était que de 23,7 % (très proche de celui de 2002) et l’éducation, en général, dispose de peu de ressources, même en ajustant l’analyse au niveau de richesse. Par ailleurs, les revenus moyens annuels des familles arabes ont chuté (ils sont passés de 4.600 $ en 2008 à 4.100 $ en 2012) alors que ceux des familles les plus riches se sont accrus, ce qui représente donc un creusement des inégalités. À tout cela, il faut ajouter des taux de chômage en hausse, notamment chez les jeunes diplômés car la région arabe s’avère être celle où ce phénomène est, dans l’ensemble, le plus accentué (29 % contre 13 % en 2013) ; tout cela entraînera à l’avenir un problème de plus en plus grave si des emplois ne sont pas créés massivement (60 millions durant la prochaine décennie, lesquels, très probablement, ne seront pas fournis par le secteur public traditionnel), une augmentation considérable du nombre de jeunes et de travailleurs potentiels étant prévue d’ici là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Paradoxes d’une mer et de ses rives<br></em></strong>Le nom Méditerranée est relativement récent ! Dans l’Antiquité, différents termes ont été utilisés pour désigner le bassin. Le géographe grec Strabon (58 av. J.-C.- 25 ap. J.-C.) a été le premier à parler de « Notre mer » qui devient la Mare nostrum des Romains. N’oublions pas que c’est la seule fois dans l’histoire où l’unité de la Méditerranée a été réalisée, il est vrai par la force, sous l’autorité de Rome. Ce n’est qu’au Moyen Âge qu’apparaît l’adjectif méditerrain ou méditerran qui signifie « au milieu des terres ». Au xvie siècle, Jacques Amyot, célèbre humaniste, utilise le terme mer mediterrane, mais ce n’est qu’à la fin du xviie siècle que Méditerranée devient un substantif et un nom propre. Enfin, c’est au xviiie siècle, très exactement en 1737, que le mot apparaît sur une carte. Depuis, il s’est imposé dans les langues latines et en anglais. Les Arabes l’appellent Bahr al abiad al moutawassat, la mer Blanche du milieu, et les Turcs, Ak Deniz, la mer Blanche, par opposition à Kara Deniz, la mer Noire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On évoque presque toujours deux rives, Nord et Sud, le plus souvent pour les opposer voire les figer. Or cette mer est une mosaïque de peuples avec leurs langues, leurs dialectes, leurs traditions, leurs régimes politiques, leurs évolutions</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxalement, on évoque presque toujours deux rives, Nord et Sud, le plus souvent pour les opposer voire les figer. Or cette mer est une mosaïque de peuples avec leurs langues, leurs dialectes, leurs traditions, leurs régimes politiques, leurs évolutions. Toutefois, comme je l’ai montré, il y a aussi les échanges, les métissages, les influences réciproques et un sentiment commun d’appartenance à cette mer.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>À mes yeux, il y a en réalité six rives :</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">la rive est, euro-asiatique, est l’ancienne Asie mineure grecque et byzantine, aujourd’hui la Turquie, seul pays musulman à avoir proclamé la laïcité en 1923 ;<br>la rive est, asiatique, berceau des Hébreux et des Phéniciens, comprend cinq pays : Syrie, Liban, Jordanie, Palestine, Israël ; elle est à dominante arabo-musulmane avec des minorités chrétiennes et juives et des ethnies non arabes (Arméniens, Druzes, Kurdes, etc.) ;<br>la rive sud-est africaine, celle de l’Égypte, le plus vieil État-nation de la planète, pivot du monde arabe entre le Machrek et le Maghreb ;<br>la rive sud-ouest, celle du Maghreb, de la Libye au Maroc et à la Mauritanie atlantique, à vieux fond berbère, islamisée et arabisée ;<br>la rive nord-ouest ou Arc latin, composé des « sœurs latines » (Portugal atlantique, Espagne, France et Italie) à majorité catholique ;<br>la rive nord-est enfin, celle des Balkans et de la Grèceoù prévaut l’orthodoxie, avec des catholiques et des musulmans.<br>Quelques exemples pour illustrer ce que je viens de dire. Les auteurs de la Grèce classique reconnaissaient leur dette à l’égard de l’Égypte pharaonique dans plusieurs domaines dont les multiples apports des pyramides. On peut dire aussi que les temples grecs à échelle humaine sont les enfants des gigantesques temples de Louxor et de Karnak. Exemple encore, assez paradoxal : la plupart de nos jeunes ignorent qu’au xiie siècle av. J.-C., les Phéniciens ont inventé le premier système d’écriture alphabétique qui a inspiré les alphabets hébreu, araméen, grec, latin, cyrillique, arabe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paradoxes contemporains : la splendeur attractive et la pollution répulsive. En effet, la Méditerranée est la première région touristique du monde (35 %) grâce à la beauté de ses monuments et de ses sites. Grâce aussi à son art de vivre et au sens de l’hospitalité de ses habitants. Les zones côtières, les plus visitées devraient accueillir 312 millions de touristes en 2025 contre 175 en 2000 avec toutes les conséquences que cela comporte. Des mesures sont prises en faveur du « tourisme durable », respectueux de « l’environnement durable », mais elles sont insuffisantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cet égard, je me réfère aux analyses et projections du Plan Bleu. En 1500, le pourtour comptait trois villes de plus de 100 000 habitants sur une vingtaine dans le monde. En 1950, dix dépassaient le million et, en 1995, vingt-neuf. En 2025, le bassin devrait abriter au total 523 millions d’habitants dont 243 millions d’urbains dans les pays Est et Sud et 135 dans ceux du Nord. Les populations littorales permanentes devraient, elles, atteindre 108 millions à l’Est et au Sud, et au Nord 68 millions. Sur les 46 000 km de côtes, 15 000 sont urbanisées ou « irrémédiablement mitées » et 4 000 supplémentaires devraient l’être d’ici à 2025, augmentant la perte de terres agricoles de qualité et la pollution tellurique et marine. Les causes principales de l’urbanisation sont la démographie, l’exode rural, l’abandon de nombreuses régions montagneuses, l’industrialisation ‒ surtout à l’Est et au Sud ‒, le tourisme et l’installation de retraités du Nord séduits par la douceur du climat. Une des graves conséquences est la nette augmentation de la consommation d’eau. Résultat : la pénurie d’eau douce autour du bassin et dans les îles en fait un enjeu stratégique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le canal de Suez évitant de contourner l’Afrique, cette mer presque fermée est devenue un espace d’intense navigation : au total, elle assure 30 % du trafic maritime mondial et 23 % du transport pétrolier. Conséquence : les rejets polluants, dont le déballastage, pourtant interdit, les eaux usées domestiques et urbaines dont 70 % le sont sans traitement, les eaux industrielles non recyclées, les produits chimiques, les métaux lourds (plomb, mercure), les substances d’origine agricole (pesticides, engrais), les déchets plastiques, les canettes, les bouteilles, les débris flottants. Les effets négatifs sur la flore et la faune sous-marines sont considérables. Y parvenir est un objectif fondamental !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Les tentatives de rapprochement<br></em></strong>Dès la fin de la Seconde Guerre Mondiale, il y a eu, au Nord comme au Sud, des tentatives de rapprochement et de dialogue qu’on peut considérer comme des étapes préparatoires au Partenariat euro-méditerranéen. Ces tentatives, logiques, normales, utiles comportent néanmoins plusieurs paradoxes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Peu après sa création, en 1958, la Communauté économique européenne a mis en place la Politique méditerranéenne globale, PMG, fondée sur la coopération avec les PTM, Pays tiers méditerranéens. De son côté, la Ligue des États arabes, fondée en 1945, a soutenu le DEA, ou Dialogue euro-arabe. Entamé en 1974, après la crise pétrolière provoquée par la guerre israélo-arabe de 1973, il n’a pas survécu aux divisions entre les pays arabes provoquée par la guerre du Golfe, lancée en 1991 par les États-Unis contre l’Irak de Saddam Hussein qui avait occupé le Koweït.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Citons aussi la Concertation des 5+5 (les « sœurs latines » : Portugal, Espagne, France, Italie, Malte, et les « frères maghrébins » : Libye, Tunisie, Algérie, Maroc, Mauritanie). Commencée en 1989 elle a été interrompue en 1991 comme le DEA. Toutefois les rencontres ministérielles ont repris alternativement au Nord et au Sud sous le nom de Dialogue des 5+5.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les divers conflits qui, au cours de ces années, ont frappé les deux rivages, notamment le conflit israélo-palestinien, la guerre en Syrie, en Libye ou en Irak, ont été un frein à la volonté de progrès économique et d’entente entre les peuples qui a donné naissance à l’Union pour la Méditerranée</p>



<p class="wp-block-paragraph">La politique méditerranéenne de l’Europe a connu plusieurs étapes. Début 1990, un rapport interne de la Commission rappelle, une fois de plus, « l’importance stratégique de la Méditerranée » pour l’Union européenne. En juin de la même année, la Politique méditerranéenne rénovée est adoptée. À cette occasion, le Conseil des ministres, je cite, « réitère sa conviction que la proximité géographique et l’intensité des rapports de toute nature font de la stabilité et de la prospérité des Pays Tiers Méditerranéens des éléments essentiels pour la Communauté elle-même ». Puis il conclut : « Une aggravation du déséquilibre économique et social entre la Communauté et les PTM du fait de leurs évolutions respectives serait difficilement contrôlable. Au sens large, la sécurité de la Communauté est en jeu ».</p>



<p class="wp-block-paragraph">En décembre 1994, l’Union européenne fait un bilan critique de la Politique méditerranéenne rénovée (PMR). Elle constate que, paradoxalement, la PMR n’a pas innové mais est demeurée un héritage du passé. Principal reproche : elle poursuit une politique de coopération traditionnelle au lieu de proposer un projet global ambitieux. L’Europe prend conscience qu’elle ne peut se construire sans établir une relation particulière avec ses voisins de l’Est et du Sud. Ces analyses favorisent l’élaboration du concept tout à fait novateur de « partenariat ». Il Implique la coopération multilatérale et conduit à préparer, en concertation avec les PTM, la Conférence euro-méditerranéenne de Barcelone (27-28 novembre 1995).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Processus de Barcelone a proposé une politique de partenariat, très importante à l’époque, ainsi que le Sommet euro-méditerranéen de Barcelone +10 ou la Politique européenne de voisinage. Toutes ces initiatives ont mené à la création, en 2008, de l’Union pour la Méditerranée, qui durant les dix (ou presque) dernières années a donné son soutien à des projets de coopération régional pour contribuer à la paix, la stabilité et la sécurité de la région.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les divers conflits qui, au cours de ces années, ont frappé les deux rivages, notamment le conflit israélo-palestinien, la guerre en Syrie, en Libye ou en Irak, ont été un frein à la volonté de progrès économique et d’entente entre les peuples qui a donné naissance à l’Union pour la Méditerranée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Conclusion</em></strong><br>Dans mon exposé, j’ai exprimé des vœux et des critiques. Méditerranéen par mes racines et « méditerranéiste » par vocation je reste malgré tout optimiste. Ne plus l’être conduirait à baisser les bras et à renoncer au combat. « Méditerranéiste », est un néologisme que j’ai forgé, à partir de l’espagnol, pour désigner les spécialistes de la Méditerranée, et aussi les militants, en espérant qu’il figurera enfin dans les dictionnaires français, à l’instar d’africaniste et d’américaniste.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En conclusion, je voudrais formuler, une fois de plus, un vœu qui m’est cher : qu’Ulysse et Sindbad, les deux grands marins qui parlent à nos imaginaires, apprennent enfin à naviguer ensemble afin que mare nostrum deviennent un jour mater nostra. Ce vœu acommencé à être exaucé grâce au Processus de Barcelone qui les a réunis sur le même bateau. Mais il reste encore beaucoup à faire pour qu’ils naviguent vraiment ensemble afin que la Méditerranée devienne un lac de paix et de prospérité partagée.Face à la mondialisation et à la théorie du « choc des civilisations », il importe d’opposer la philosophie du dialogue des civilisations et des cultures qui a prévalu en Méditerranée. Il faut donc qu’elle devienne le berceau de l’avenir d’une Méditerranée réconciliée avec elle-même et à nouveau novatrice.</p>
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		<title>Colloque International : Cours et Patios en Méditerranée</title>
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		<pubDate>Sun, 14 Dec 2025 06:00:00 +0000</pubDate>
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<p class="wp-block-paragraph">L’École Nationale d’architecture et d’Urbanisme (ENAU) organise avec le Laboratoire d’Archéologie et d’Architecture Maghrébine (LAAM) – Université de la Manouba (UMA), le Laboratoire Ville Durable et Environnement construit (VDEC) – Université de Carthage (UCAR) et le Laboratoire de Recherche en Patrimoine et Architecturologie (LarPA) – Université de Carthage (UCAR), ), en partenariat avec l’Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis (ASM) et l’Association Villes Historiques de la Tunisie et de la Méditerranée (AVHTM, la première édition du colloque international « Cours et Patios en Méditerranée » les <strong>12, 13 et 14 Février 2026, à Dar Lasram, ASM</strong>, La Médina, Tunis, Tunisie.</p>


<div class="wp-block-image">
<figure class="aligncenter size-full"><img decoding="async" width="1000" height="563" src="https://archimag.tn/wp-content/uploads/2025/12/cours-et-patios-1.jpg" alt="" class="wp-image-4175" srcset="http://archimag.tn/wp-content/uploads/2025/12/cours-et-patios-1.jpg 1000w, http://archimag.tn/wp-content/uploads/2025/12/cours-et-patios-1-300x169.jpg 300w, http://archimag.tn/wp-content/uploads/2025/12/cours-et-patios-1-768x432.jpg 768w, http://archimag.tn/wp-content/uploads/2025/12/cours-et-patios-1-585x329.jpg 585w" sizes="(max-width: 1000px) 100vw, 1000px" /></figure>
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<p class="wp-block-paragraph"><strong>Argumentaire</strong><br>L’habitation, dont l’une des fonctions premières est d’offrir un abri, exprime depuis toujours un rapport essentiel entre l’intérieur et l’extérieur, modulé selon les cultures, les lieux et les époques. Dans la maison à cour ou à patio, qui s’impose comme l’un des archétypes majeurs de l’habitat humain, ce rapport se fonde sur l’appropriation intime d’un fragment de ciel au cœur de l’espace domestique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous rencontrons l’archétype dans des contextes culturels, historiques et géographiques très variés : des cités antiques du monde gréco-romain à l’Egypte pharaonique, de la Chine impériale aux grandes capitales du monde arabo-islamique, jusqu’aux villes de l’Amérique Latine où le conduit sa pérégrination depuis l’Andalousie(Abdulac, 2011).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au-delà de sa portée universelle, la maison à cour/patio demeure profondément ancrée dans les traditions méditerranéennes, au point d’en constituer une figure emblématique. Elle y témoigne d’une longévité exceptionnelle et surprend par sa capacité à se modeler selon les contextes culturels et physiques où elle prend racine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au XXᵉ siècle, elle est redécouverte par les architectes modernes, qui s’en emparent pour en faire l’un des vecteurs de renouvellement formel et programmatique, dans un contexte de resémantisation de l’habitat à l’ère machiniste. Elle réapparaît ensuite avec force dans les œuvres des architectes du régionalisme critique, soucieux d’ancrer l’architecture dans des réalités culturelles et climatiques spécifiques. La seconde moitié du XXème siècle est donc naturellement marquée par un retour réflexif sur l’architecture vernaculaire pour alimenter une pensée architecturale contextuelle (Lucan, 2023).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Durant cette période particulièrement féconde en échanges d’idées et d’expériences entre les architectes des deux rives de la Méditerranée, la réinterprétation de la maison à patio contribue de manière significative au renouvellement de l’architecture savante de l’habitat. De nombreux projets de groupements de maisons à patio émergent alors, se diffusant du Maghreb jusqu’aux pays d’Europe du Nord (Pinson, 2010)(Ben Abdelghani &amp; Ammar , 2018)(Demerdash &amp; Gharbi , 2025 ).</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’investigation des formes, des typologies et des configurations spatiales et sociales de la maison à cour ou à patio en Méditerranée — qu’elle soit individuelle ou collective, vernaculaire ou savante — pourrait se poursuivre dans la longue durée, tant elle est révélatrice de la vie des habitants et de leurs façons d’habiter, des satisfactions et des échecs dans l’habitation et le chez soi qui fondent le rapport même de notre être au monde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le wast ed-dar (وسط الدار) d’un dar de la médina maghrébine, vibrant au rythme des musiques d’un orchestre de mariage ; celui d’un riad, ponctué par le murmure des fontaines et le chant des oiseaux nichés dans une végétation luxuriante ; l’atrium d’une domus patricienne, alangui sous l’ombre d’un vélum ; le cortile opulent d’un palazzo ; le sahn (صحن) d’un fondouk (فندق), d’un khan (خان), ou encore le cortile d’un fondaco, traversés par des pas qui se croisent ou se séparent ; le chiostro silencieux d’un cloître monastique — autant d’atmosphères qui incarnent, dans leur singularité, la richesse d’un archétype partagé.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude de ces configurations façonnées selon les normes du groupe domestique et pour ce groupe est matière à traiter à la fois des structures sociales, des géographies linguistiques, des imaginaires collectifs, des dynamiques communautaires et des modes d’appropriation de l’espace domestique au sein des sociétés méditerranéennes (Rapoport, 1972) (Thyssen, 1983).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début de ce XXIème siècle marqué par des bouleversements politiques, économiques, environnementaux et sociaux profonds, la maison à cour/patio retrouve toute son actualité. Dans un contexte marqué par une urgence climatique et l’épuisement imminent des ressources fossiles, le caractère durable et les performances climatiques des architectures vernaculaires ainsi que leurs interprétations par les architectes du XXème siècle suscitent un regain d’intérêt. Aussi bien les territoires du Nord que ceux du Sud sont désormais concernés par les questions du réchauffement climatique et de la transition écologique qui incitent à développer une architecture de régulation thermique, résiliente et passive (Frini &amp; Rahm, 2025).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dès lors, Il reste encore beaucoup à apprendre des savoir-faire accumulés pendant des siècles en Méditerranée, conjuguant l’architecture du patio ou de la cour à des dispositifs annexes ( iwans, galeries, fontaines, vélums, plantes grimpantes, etc.) , à des matériaux ( la céramique , le marbre, etc.) ainsi qu’à des rituels domestiques tels que l’aspersion du sol avec de l’eau ou le déplacement des lieux des pratiques habitantes selon l’heure de la journée (Fathy, 1970/1999) (Abdulac, 2011) (Landoulsi, 2021).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la question climatique est intrinsèquement liée à la dimension culturelle, elle ne saurait non plus être dissociée des préoccupations relatives à la qualité de l’espace de vie. La modulation des conditions environnementales — gestion de la température et de l’humidité ; de l’ensoleillement et de la ventilation — est essentielle pour créer une habitation agréable à vivre. Mais cette quête du bien-être, reflet des aspirations propres à chaque époque, se voit aujourd’hui investie de significations nouvelles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans un monde hyperconnecté, marqué par une montée de l’individualisme, le bien-être s’associe désormais inéluctablement à la santé mentale et invite à une réflexion profonde sur notre rapport à soi, aux autres et à la nature. Peut-on, dès lors, envisager l’espace habité comme un possible lieu de reconnexion au monde ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est à travers cette interrogation que resurgit la dimension ontologique – souvent occultéede l’habiter, telle que l’avaient pensée des philosophes comme Heidegger au milieu du XXe siècle. « L’homme habite le monde », écrivait-il, « le monde est son espace », et « cet entre-deux est la mesure assignée de l’habitation de l’homme ». Revisitée à la lumière des enjeux contemporains, cette perspective permet d’entrevoir, dans le patio, l’expression manifeste d’un entre-deux qui relie l’être à des instances transcendantales telles que la nature, le ciel et le cosmos (Heidegger, 1951)(Bonicco-Donato, 2019)(Paquot, 2020).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En effet, avec sa perspective sur le ciel – (wejh rabbile patio incarne l’esprit des lieux de la maison. De par sa disposition, conçu comme l’aboutissement d’un parcours composé de dispositifs de filtrage visuel, lumineux, aéraulique, sonore, il dessine une gradation ambiantale prenant l’aspect d’une bulle protectrice au cœur de la maison, une bulle ouverte à l’infini du ciel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Celle-ci revêt une portée métaphysique dont il découle un sentiment de sérénité, de « raha » exprimé par les habitants témoignant de ces dimensions à la fois de bien-être climatique et d’expérience suprasensible qui subsume le registre sensible et déploie ainsi une dimension sacrée, spirituelle ou sublime (Landoulsi, 2019).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette architecture vernaculaire correspond à une vision unifiée du sujet et du monde que l’on retrouve dans la langue arabe ou encore dans la pensée islamique en particulier celle d’Ibn Arabi (Sellami, 2021). Cette pensée se recoupe avec l’alternative atmosphérique qui consiste à considérer la vision d’un homme qui se meut d’emblée dans un état de résonance complète avec le monde (Rosa, 2018).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aborder le patio au prisme du sensible, voire du suprasensible, devrait permettre d’ouvrir des pistes de réflexion sur les conditions de transposition de ce dispositif dans le cadre d’un projet contemporain qui accorde la primauté à l‘habiter.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, il est également pertinent d’interroger la manière dont l’art s’empare de cet espace, porteur d’un potentiel générateur d’expériences sensibles et singulières, comme en témoignent les installations artistiques réalisées, par exemple, lors des festivals Dream City à Tunis ou Architectures vives à Montpellier (Catalogue l&rsquo;Art Rue, 2025) (Morain, 2023).</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Objectifs</strong><br>Le présent colloque propose d’interroger cet archétype architectural à travers une approche pluridisciplinaire croisant les perspectives architecturales, anthropologiques, philosophiques, ethnographiques, bioclimatiques, etc. Il s’agira de l’aborder comme une forme universelle et récurrente, révélatrice d’une intelligence de l’espace et d’une ontologie de l’habiter, enracinées dans la longue durée des civilisations méditerranéennes et source permanente de renouvellement pour la pensée comme pour la pratique architecturale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans ce cadre que nous proposons de réfléchir, de révéler par l’analyse et de matérialiser — par des productions iconographiques, textuelles et narratives, audiovisuelles ou scénographiques — les réalités tangibles ou immatérielles de ces types bâtis individuels ou collectifs, savants ou populaires, modestes ou appartenant aux classes aisées, et qui constituent les archétypes de l’habiter et de l’habitat en Méditerranée dans un arc temporel s’étendant de l’Antiquité au monde contemporain.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le cadre d’une réflexion plurielle qui met en réseau des chercheurs de différentes disciplines et de plusieurs villes méditerranéennes, mais également des architectes praticiens qui ont eu l’occasion de réactiver le patio dans leur(s) projet(s) sous une forme ou une autre, ainsi que des artistes que le patio inspire, le colloque propose d’explorer quatre thématiques complémentaires et transversales.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Axes thématiques</strong><br><strong><em>AXE 1. La cour et le patio comme éléments structurants de l’habitat méditerranéen : Formes, pratiques socio-spatiales et identités culturelles</em></strong><br>Cet axe replace la cour et le patio au centre des dynamiques sociales et culturelles de l’habitat méditerranéen. En tant que catalyseurs de pratiques habitantes ancrées dans des contextes culturels et physiques pluriels, ces dispositifs se déploient comme autant de réceptacles de scènes de vie révélant les normes, les valeurs et les imaginaires collectifs des groupes qui les habitent. Il s’agit d’observer ces espaces comme des lieux de régulation sociale où se négocient en permanence les frontières entre le privé et le public, l’individuel et le collectif, l’appartenance communautaire et l’appropriation individuelle, la quotidienneté et l’événementiel.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>AXE 2. Cours et patios, histoire bioclimatique et dispositifs ambiantaux</em></strong><br>Cet axe aborde les dimensions bioclimatiques et ambiantales des cours et patios, véritables dispositifs de régulation thermique entre le dehors et le dedans, adaptés aux nuances climatiques méditerranéennes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’étude approfondie de ces systèmes alliant maîtrise des phénomènes physiques tels que la convection, la conduction, l’évaporation et la radiation à des codes comportementaux et à l’exploitation des ressources naturelles locales, ouvre la voie à un renouvellement de la pratique architecturale contemporaine, en l’ancrant dans des contextes physiques et culturels spécifiques, pour produire des habitats résilients et adaptés aux défis actuels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong><em>Axe 3. Cours et patios, expérimentation(s) phénoménologique(s)</em></strong><br>Cet axe aborde le patio comme le lieu qui autorise une résonance du sujet avec le monde, le lieu d’une expérience individuelle et/ou partagée, le lieu d’une expérience multisensorielle et esthétique (au sens d’aestheisis), le lieu fondateur d’un commun dans ces expériences en partage.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette perspective, il est question d’évaluer les tonalités ambiantales à l’origine de cette résonance, le lien entre les configurations spatiales, les représentations sociales, les dimensions sensibles et transcendantales.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cet axe souhaite donc interroger les dimensions esthétiques, symboliques et suprasensibles du patio. Il est question également d’aborder le potentiel générateur d’inspiration, d’expression et d’expérience artistique de ce dispositif.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Axe 4. Cours et patios réinventés : expérimentations architecturales du XXe siècle et résonnances actuelles<br>Cet axe s’intéresse à la maison à patio/cour comme une figure centrale de réflexion et de projet. Bien qu’ayant fait l’objet d’une littérature abondante, l’héritage prolifique d’un siècle d’expérimentations dues essentiellement aux architectes modernes et régionalistes autour des dispositifs du patio et de la cour, reste à documenter et à étudier.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il s’agit alors d’interroger, à travers ces diverses expériences, l’universalité de cet archétype qui, loin d’encapsuler l’habitat dans un modèle rigide et normatif, repose sur ce qui à la fois, réunit les cultures et les magnifie dans leurs précieuses singularités.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En parallèle, il s’agira d’interroger l’actualité de cette figure, à travers les problématiques qui lui sont rattachées et les approches par lesquelles elle continue d’alimenter la pratique architecturale contemporaine, à la croisée des enjeux et défis contemporains.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus des contributions scientifiques, il est attendu des retours d’expérience d’architectes praticiens ainsi que des œuvres, performances ou installations artistiques.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Partenaires</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">L’Ecole Nationale d’Architecture et d’Urbanisme de Tunis, ENAU<br>l’Université de Carthage, UCAR<br>l’Université de la Manouba, UMA<br>Le Laboratoire d’Archéologie et d’Architecture Maghrébine, LAAM – UMA<br>Le Laboratoire Ville Durable et Environnement Construit, VDEC – UCAR<br>Le Laboratoire de Recherche en Patrimoine et Architecturologie, LarPA – UCAR<br>l’Association de Sauvegarde de la Médina de Tunis, ASM<br>l’Association Villes Historiques de Tunisie et de Méditerranée, AHTVM<br>l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Marseille, ENSA-Marseille, France<br>Universidade de Coimbra, Portugal<br>Université d’Alexandrie, Egypte<br>La Universidad de Córdoba, Espagne<br>Università degli Studi di Padova, Italie<br>Université internationale de Rabat, Maroc</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comité de pilotage et rédaction de l&rsquo;argumentaire</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Leila AMMAR, architecte, Professeure ENAU-UCAR, chercheuse LAAM<br>Narjes BEN ABDELGHANI, architecte, Maître-Assistante ENAU-UCAR, chercheuse LAAM<br>Alia SELLAMI, architecte, Maitre de conférences ENAU-UCAR, chercheuse LarPA-ERA<br>Imen LANDOULSI, architecte urbaniste Atmosphères, enseignante ENAU-UCAR, chercheuse LarPA-ERA<br>Salma GHARBI, architecte, enseignante ISTEUB-UCAR, chercheuse LarPA-ERA</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comité scientifique</strong><br>(membres classés par ordre alphabétique)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Beya ABIDI, Université de La Manouba, LAAM (TU)<br>Georges ARBID, Arab Center for Architecture (LB)<br>Leila AMMAR, (TU)<br>Imane BENNANI, Université internationale de Rabat (MA)<br>Narjes BEN ABDELGHANI, (TU)<br>Mohamed-Ali BERHOUMA, Université de Carthage, ISBAN (TU)<br>Marc BREVILGIERI, EHSS (CH), Cresson Grenoble (FR)<br>Catherine COMPAIN-GAJAC, DOCOMOMO (FR)<br>Maria DA CONCEIÇÃO LOPES, Universidade de Coimbra (PT)<br>Ahmed EL BAHI, Université de La Manouba, LAAM (TU)<br>Carmen GONZALEZ, La Universidad de Córdoba<br>Mohamed Sadok GUELLOUZ, Université de Monastir, LESTE (TU)<br>Fakher KHARRAT, Université de Carthage, LarPAA/ERA (TU)<br>Imen LANDOULSI, Université de Carthage, LarPAA/ERA (TU)<br>Sihem NAJAR, Université de La Manouba, LTMC (TU)<br>Philippe RHAM, ENSA Versailles (FR)<br>Alia SELLAMI, Université de Carthage, LarPAA/ERA (TU)<br>Ahmed SAADAOUI, Université de La Manouba, LAAM (TU)<br>Paola ZANOVELLO, Università degli Studi di Padova (IT)<br>Yadh ZAHAR, Université de Carthage, VDEC (TU)</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comité d&rsquo;organisation</strong><br>(membres classés par ordre alphabétique)</p>



<p class="wp-block-paragraph">Samia AMMAR, UCAR – ENAU, UMA – LAAM<br>Ahlem BEN ABDESSALEM, UT – ISBAT, UMA – LAAM<br>Narjes Ben Abdelghani, UCAR – ENAU, UMA – LAAM<br>Esmahen BEN MOUSSA, UT – ISMPT, UMA – LAAM<br>Chiraz CHTARA, UCAR – ENAU, LarPA/ERA<br>Salma GHARBI, UCAR- ISTEUB/ENAU, LarPA/ERA<br>Asma GUEDRIA, UCAR- ISTEUB/ENAU, LarPA/ PAE3C<br>Nour El Houda JOUINI – UCAR-ENAU, LarPA/ PAE3C<br>Imen LANDOULSI, UCAR – ENAU, LarPA/ERA<br>Alia SELLAMI, UCAR – ENAU, LarPA/ERA<br>Afef TRABELSI, UMA – ISAMM, LAAM<br>Imène ZAAFRANE, UCAR – ENAU, VDEC</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Références bibliographiques</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Abdulac, S. (2011). Les maisons à patio: continuités historiques, adaptation bioclimatiques et morphologies urbaines.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ammar, L. (1899/2010). Histoire de l&rsquo;Architecture en Tunisie de l&rsquo;antiquité à nos jours. CPU.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ben Abdelghani, N., &amp; Ammar , L. (2018). Maisons à cour et logements de recasement pour les populations musulmanes pendant la reconstruction 1943-1955. Al-Sabîl Revue d&rsquo; Archéologie et d&rsquo;Architecture Maghrébines, 5.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Bonicco-Donato, C. (2019). Heidegger et la question de l&rsquo;habiter: une philosophie de l&rsquo;architecture . Marseille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Catalogue l&rsquo;Art Rue). (2025, 07 01). Récupéré sur L&rsquo;Art Rue: https://lartrue.org/fr/recherche?term=catalogue</p>



<p class="wp-block-paragraph">Demerdash, N., &amp; Gharbi , S. (2025 ). Rebuilding form modern living: architectural typologies and reconstruction in postwar Tunisia . The journal of North African Studies , 1-34.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Fathy, H. (1970/1999). Construire avec le peuple, Histoire d&rsquo;un village d&rsquo;Egypte: Gourna. Sindbad Actes Sud.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Frini, S., &amp; Rahm, P. (2025). 4°celcius entre toi et moi. Biennale d&rsquo;Architecture et de paysage d&rsquo;Ile-de-France.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Heidegger, M. (1951). Bâtir, habiter, penser. Dramstadt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Landoulsi, I. (2019). Thèse de doctorat, ENAU Tunis.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Landoulsi, I. (2021). L&rsquo;âme de Nefta, une perception sensible du bien-être en contexte oasien. Dans M. Breviglieri, N. Gamal Said , &amp; D. Goeury, Résonances oasiennes. MétisPresses.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Lucan, J. (2023). Habiter ville et architecture. EPFL Press.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Morain, O. (2023). Récupéré sur https://www.franceinfo.fr/culture/arts-expos/architecture/a-montpellier-le-festival-architectures-vives-imagine-un-monde-sacre_5892562.html</p>



<p class="wp-block-paragraph">Paquot, T. (2020). Demeure terrestre: enquête vagabonde sur l&rsquo;habiter . Paris : Terre Urbaine .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pinson, D. (2010). La théorie au risque de la doctrine dans le Mouvement moderne, ou comment Sert et Ecochard ont fait vivre la première contre la seconde. Les Cahiers d&rsquo;EMAM, 20, 23-31.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rahm, P. (2023). Climatic architecture . New York, Barcelona : Actar Publishers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rapoport, R. (1972). Pour une anthropologie de la maison . Paris : Dunod. Collection de l&rsquo;urbanisme .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Rosa, H. (2018). Résonance: une sociologie de la relation au monde. La Découverte .</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sellami, A. (2021). La porosité au fondement de l&rsquo;ambiance oasienne. Dans M. Breviglieri, Gamal Said, Noha , &amp; D. Goeury, Résonnances oasiennes (pp. 75-94). MétisPresse.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Thyssen, X. (1983). Des manières d&rsquo;habiter dans le sahel tunisien . Paris : Ed. CNRS.</p>
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